Étanchéité au vent et à l’air : le rôle essentiel des adhésifs…

mementoMentionné de manière discrète dans le NF DTU 40.29, l’usage des adhésifs occupe désormais une place croissante dans le traitement de la sous-toiture, y compris pour la pose d’écrans souples. 

Conçus à l’origine pour protéger la sous-couverture et l’isolation de l’eau, du vent et des nuisibles, les écrans de sous-toiture ont vu leur rôle évoluer à mesure que s’accroissaient les exigences énergétiques de l’enveloppe du bâtiment. Il ne s’agit plus seulement, pour eux, de drainer vers l’extérieur les eaux de ruissellement et autres éléments intrusifs. Ils doivent désormais offrir une barrière totalement hermétique à l’air. Une performance obtenue seulement par l’utilisation d’écrans souples dotés de bandes de recouvrement adhésives ou, à défaut, l’ajout de rubans adhésifs.

Soucieuse d’abord de garantir l’étanchéité et la durabilité des ouvrages, la NF DTU 40.29 qui encadre, depuis 2015, la mise en œuvre des écrans souples de sous-toiture a imposé la pose tendue des lés à l’aide de contre-lattes clouées ou agrafées sur les chevrons ainsi qu’une règle de recouvrement de 10 ou 20 cm suivant la pente.

Le recouvrement simple des lés, nécessaire mais pas toujours suffisant

Suffisant pour protéger de la neige, des eaux de ruissellement et des principaux flux aériens, le dispositif prévu par la NF DTU 40.29 n’est pas totalement hermétique au vent et à l’air dans la mesure où le simple recouvrement des lés, dans l’entraxe entre chevrons et contre-lattes, autorise le faseyement, par vent fort, et, dans tous les cas la circulation de l’air entre la surface et la sous-face de l’écran.

Les solutions pour assurer la continuité de l’écran de sous-toiture
Pour assurer une protection complète de l’isolant contre ces effets mécaniques du vent, les fabricants préconisent la jonction totale des recouvrements et proposent, pour cela, différentes solutions à base d’adhésifs à mettre en œuvre avant la fixation définitive de l’écran sous les contre-lattes :
1. L’ajout d’un ruban adhésif sur le bord supérieur de recouvrement : simple en apparence, cette opération peut s’avérer délicate sur de grande longueur et, surtout, elle expose directement l’adhésif aux facteurs extérieurs de vieillissement ;
2. L’ajout d’un ruban adhésif double-face à l’intérieur de la zone de recouvrement : tout aussi contraignante que la méthode précédente, elle a l’avantage d’assurer une liaison entre les lés sur toute la zone de recouvrement tout en protégeant durablement les performances de l’adhésif ;
3. L’usage d’écran de sous-toiture à bandes de recouvrement adhésives intégrées : c’est de loin la solution la plus efficace et la plus pratique dans la mesure où elle facilite la mise en place tendue des lés tout en offrant les meilleures garanties de durabilité du liaisonnement.

Écrans à bandes adhésives intégrées : quels avantages ?
Bien que par la norme NF DTU 40.29 ne préconise l’usage d’un dispositif adhésif que dans un cas, à savoir, l’étanchéité des sorties de ventilation déjà positionnées lors de la mise en œuvre de l’écran (voir notre Question pratique), l’emploi de membranes à bandes adhésives intégrées se justifie à plusieurs égards :
1. Pour le professionnel : Même s’il impose une manipulation supplémentaire, le liaisonnement des bandes de recouvrement permet une pose plus régulière de la membrane en ajoutant, à la tension longitudinale entre les chevrons, une tension latérale dans le sens de la pente.
L’usage des membranes à bandes adhésives est la solution la plus performante pour garantir la parfaite étanchéité à l’air et au vent imposée par la réglementation thermique 2012 (RT 2012). Celle-ci conditionne l’accès aux avantages fiscaux et aux financements en rénovation.
2. Pour le maître d’ouvrage : le choix des membranes à bandes adhésives contribue à la performance globale de l’isolation de la sous toiture. Par ailleurs le recours à cette solution participe également à la stabilité et la durabilité des ouvrages. En combinant l’étanchéité complète et la pose tendue, elles renforcent la solidarité de la membrane à la charpente et éliminent quasiment tous les effets mécaniques du vent. Leur emploi est donc fortement recommandé pour prévenir des risques climatiques spécifiques :

• Dans les zones de forte exposition au vent : régions littorales et de montagne en sites dit « exposés » selon les critères de risques « neige et vent » établis dans les règles NV 65 (DTU P 06-002 : Action de la neige et du vent sur les constructions).
• Face à la multiplication des épisodes climatiques violents : en dehors des zones visées par cette réglementation spécifique, les météorologistes enregistrent depuis plusieurs années des épisodes climatiques extrêmes (orages, précipitations fortes et brutales, tempêtes) de plus en plus fréquents.

Recommandations :
1.
  Concernant l’étanchéité au vent et à l’aire, le recours aux adhésifs est particulièrement recommandé pour mettre en œuvre les écrans HPV placés en contact direct avec l’isolant posé sur toute la longueur du rampant.
2. Attention, cependant, dans des combles perdus, l’usage de l’adhésif peut être contre-productif car, en l’absence de ventilation, il peut favoriser les phénomènes de pression.

Les autres dispositifs adhésifs

Pour garantir la qualité de la mise en œuvre des écrans de sous-toiture et permettre le traitement des points singuliers, les fabricants préconisent également l’usage d’adhésifs spécifiques.
Plus largement, les adhésifs jouent un rôle majeur dans la mise en œuvre des autres membranes destinées à assurer l’étanchéité à l’eau ou à l’air dans l’enveloppe du bâtiment : pare-pluie en sous bardage pour les constructions bois, pare-vapeur en sous-face des isolants.

Pour le traitement des points singuliers des écrans de sous-toiture
• Des rubans simple-face pour réaliser la jonction de lés en périphérie d’ouvrage, autour des pénétrations et pour réparer un écran détérioré lors de la mise en œuvre;
• Des mastic destinés à l’étanchéité des recouvrements et des pénétrations;
• Des bandes double-faces et/ou des mastics pour renforcer l’étanchéité du contre-lattage, notamment au droit des abouts de lés.

Pour la pose des pare-pluie
Le NF DTU 31.2 « Construction de maisons et bâtiments à ossature en bois » donne les prescriptions de mise en œuvre du pare-pluie. Il doit être posé avec les recouvrements de 5 cm aux joints horizontaux et 10 cm aux joints verticaux.
Pour le traitement des différents points singuliers (sorties de conduit de ventilation, menuiseries extérieures, gaines techniques), le collage du pare-pluie est conseillé sous les revêtements extérieurs à joints fermés et obligatoire sous les bardages à claire-voie.

Pour la pose des pare-vapeur, à l’intérieur
Les discontinuités du pare-vapeur ou des raccords non collés (recouvrements des lés, liaisons au plancher, raccords aux menuiseries, gaines, équipements électriques…) peuvent entraîner des déperditions d’énergie par convection beaucoup plus importantes que par la diffusion au travers de la paroi isolée.
Là encore, le recours aux dispositifs adhésifs spécifiques proposés par les fabricants s’impose. À cet égard, il convient de veiller à l’usage d’adhésifs compatibles avec les différents matériaux de contact (liaison lé sur lé, plastiques, bois, produits de calfeutrement, métal…).

La qualité des adhésifs en question

La diversité des matériaux composant les membranes et des éléments de l’enveloppe avec lesquels elles doivent être collées interdit l’emploi d’adhésifs véritablement universels.
Les matériaux à surfaces planes favorisent une bonne adhésion : c’est pourquoi on doit tenir compte de leur énergie de surface (ou tension de surface) pour évaluer leur aptitude à être collés. Par exemple, le collage des plastiques à basses énergies de surface comme le polyéthylène, composant de certaines membranes ou le polystyrène, utilisé en calfeutrement, nécessitent des adhésifs spécifiques.
C’est pourquoi, chaque fabricant de membrane recommande l’usage des dispositifs adhésifs élaborés ou contrôlés par ses soins.
Mais au-delà de la compatibilité des matériaux et des polymères adhésifs, qu’en est-il de leurs performances mécaniques ?
Sur ce point aussi, on doit s’en remettre aux tests effectués par chaque fabricant, en l’absence de critères communs et, a fortiori de signe de qualité, pour évaluer la résistance au pelage ou la tenue au vieillissement ?