L’Europe des écrans de sous-toiture

mementoUn éclairage pour comprendre pourquoi l’usage des écrans souples de protection n’obéit pas partout aux mêmes règles malgré les efforts d’harmonisation de l’Union européenne. 

Si l’usage d’écrans de sous-toiture s’est désormais imposé dans la plupart des régions d’Europe soumises à un climat tempéré de type océanique ou continental, il n’obéit cependant pas partout aux mêmes règles de mise en œuvre. On observe, en effet, des variations notables en fonction des données climatiques locales et, surtout, des habitudes des professionnels du bâtiment et des fabricants.

Alors que la couverture en petits éléments, de tuiles ou d’ardoises, est une technique multiséculaire, la sous-toiture a, quant à elle, moins d’un demi-siècle. Cette pratique s’est diffusée dans les différentes régions à un rythme variable depuis les zones les plus urbanisées d’Europe septentrionale où prédominent les toitures inclinées.

nuremberg

Partout, des obligations conditionnelles

Dérivée des techniques d’étanchéité des toitures-terrasses à l’aide de revêtements bitumineux, la protection des sous-toitures a privilégié, à partir des années 80, l’usage d’écrans souples synthétiques perméables à la vapeur d’eau pour faciliter la mise en œuvre de complexes de couverture intégrant l’isolation en rampants.
schwaabFortes de l’expérience acquise en Allemagne et au Benelux, ces membranes ont conquis d’emblée les régions d’Europe où l’isolation des sous-toitures s’est développée plus tardivement. D’une manière générale, on constate qu’aucun pays d’Europe, ne rend obligatoire la présence systématique d’un écran de sous-toiture. Sa pose, associée le cas échéant à celle d’un pare-vapeur, est en revanche partout une obligation, quand il faut satisfaire certaines exigences liées, par exemple, à la protection à la neige poudreuse, à des niveaux de performance énergétique du bâtiment ou de la paroi à atteindre dans les combles aménagés, etc.
C’est pourquoi, comme le remarque Gilles Schwaab, responsable technique de Doerken, membre du SNEST, « l’installation d’écrans en sous-toiture est aujourd’hui systématique dans la construction neuve et indispensable pour mettre à niveau le bâti ancien ».

Des applications propres à chaque pays sur la base d’une norme commune

L’entrée en vigueur en octobre 2007, du marquage CE (norme européenne NF EN 13859-1) a été un événement propice à la révision des normes et des règles de l’art concernant la mise en œuvre et l’utilisation de ces produits. En effet, ce marquage unifie les méthodes de caractérisation pour évaluer les performances des écrans de sous-toiture, sans fixer de seuils de performance, ni définir leurs domaines d’emploi. Sur cette base, les professionnels et les fabricants ont adapté les règles de l’art nationales pour satisfaire l’évolution de leur marché et du patrimoine bâti de leur pays. En effet, la demande croissante en matière d’isolation de couverture rendait nécessaire une classification plus précise des membranes et de leur utilisation en termes d’étanchéité à l’eau, à l’air et à la vapeur d’eau.
En France, à partir de 2009, le SNEST a joué un rôle moteur dans le développement d’une homologation des écrans de sous-toiture reposant sur la démarche volontaire des fabricants, avec les instances normatives nationales (dont le CSTB). Cette homologation a été complétée par un document fixant les règles de mise en œuvre. Une démarche qui conduira, en 2015, d’une part, à la certification des produits sous marque harmonisée QB et, d’autre part, à la traditionalisation de leurs techniques de mise en œuvre sous la forme de la norme NF DTU 40.29.
Dans les autres pays, les instances professionnelles ont souvent réagi différemment. À la différence du choix français, ils ont souvent préféré une approche où la classification des membranes couvre un éventail très large d’applications.
Le Royaume-Uni quant à lui a choisi d’introduire des mesures correctives pour résoudre les désordres liés à l’obsolescence des techniques et de certaines membranes en usage.

Lire la suite de notre dossier  .