La pose d’un écran de sous-toiture, une option le plus souvent incontournable…

mementoQuels bénéfices peut-on attendre, à terme, de la présence d’un écran dans le système de sous-toiture?

Quel surcoût représente la pose d’un écran de sous-toiture pour les travaux de couverture ? Est-elle obligatoire ou facultative ? Quel est l’intérêt de cet élément, à moyen et long terme ?  Telles sont les questions que se pose généralement le particulier.

L’EST, un complément de couverture rarement optionnel

Pour y répondre, on doit d’abord considérer le statut de l’écran qui ne permet pas de le considérer comme un élément accessoire et de le dissocier des autres composants du système de sous-toiture. En effet, même si la pose d’un écran de sous-toiture n’est obligatoire que dans des cas spécifiques, rares sont les situations où s’en abstenir constitue véritablement une option raisonnable.

Des obligations formelles
zones2Ainsi la question ne se pose pas dans les cas où la mise en œuvre d’un écran est obligatoire, à savoir les couvertures :
• en ardoises posées à claire-voie (DTU 40.11) ;
• en tuiles de terre cuite posées sur une faible pente (DTU 40.21, 211, 22 et 23) ;
• en tuiles en béton posées selon la pente ou l’exposition du site (DTU 40.24, 241 et 25) ;
• ou celles situées en site dit « exposé » selon les critères de risques « neige et vent » établis dans les règles NV 65 (DTU P 06-002 : Action de la neige et du vent sur les constructions).

Obligation de performance énergétique
Outre ces obligations formelles, la mise en œuvre d’un écran de sous-toiture s’impose également sur le plan technique dès lors qu’on souhaite isoler la sous-toiture afin d’améliorer les performances énergétiques du bâtiment.
Or les exigences de la réglementation thermique applicables depuis 2013 – RT 2012 pour les constructions neuves et RT 2007 pour la rénovation – impose le recours systématique à un écran de sous-toiture lors de la réalisation ou la réfection des couvertures traditionnelles de petits éléments (tuiles, ardoises…)
L’écran de sous-toiture s’avère donc un élément indispensable du système de sous-toiture :
• pour assurer la protection de l’isolant des combles perdus (non aménagés) dont le plancher est isolé,
• et bien évidemment pour les combles aménagés dont l’isolation exige :combles perdus et combles aménagés

• la pose d’un écran de sous-toiture ventilé entre la couverture et l’isolant ;
• voire, celle d’un écran spécifique HPV (Hautement Perméable à la Vapeur d’eau) directement posé sur l’isolant lequel sera également protégé en sous-face de l’humidité par un pare-vapeur.

Quel coût ?

Un coût marginal pour une protection durable
Compte tenu de la présence aujourd’hui quasiment incontournable des écrans souples dans les systèmes de sous-toiture, il convient de considérer plutôt son installation comme une partie du coût global des travaux que comme un surcoût optionnel.
Le coût au m² de la pose d’un écran de sous toiture varie grandement en fonction du dispositif et des performances attendues. Le prix de l’écran est d’autant plus élevé qu’il cumule des propriétés (antidérapant, réfléchissant, perméable à la vapeur d’eau) et que ses performances évaluées selon la norme NF EN 13859-1 et référencées au classement EST sont élevées :

E : résistance au passage de l’Eau (E1 à E2) ;
S : perméance à la vapeur d’eau, exprimée en valeur Sd : de Sd 1 = Hautement Perméable à la Vapeur d’eau (HPV ou respirant) à Sd 3 = écran non HPV (non respirant) ;
T : résistance mécanique à la déchirure au clou (TR1 à TR3).

Ainsi, le prix moyen d’un écran de sous toiture peut varier de 2 à 20 euros/m². Si l’on prend en compte les coûts de mise en œuvre, on constate que l’écran représente une part marginale des travaux de couverture, soit suivant le type de chantier :
entre 15 et 20 % des travaux d’isolation de sous-toiture ;
• ou de 5 à 10 % de la réfection de la couverture.
Quels bénéfices ou garanties peut-on attendre de cette part investie dans la protection de la sous-toiture?

Quelles garanties ? Quel retour sur investissement ?

1. La protection préventive du bâti
Le rôle de l’écran de sous-toiture est d’abord protecteur pour tous les éléments du bâti situé directement sous la couverture. Il constitue en effet la première et principale barrière contre nombres d’infiltrations causes de désordres, à commencer par la neige et la pluie, vecteurs d’humidité.
A cet égard, l’Agence Qualité Construction note dans son bilan annuel Sycodes 2016 que les défauts de la couverture représentent encore 20% des pathologies pour 12 % des coûts. Il précise par ailleurs que les infiltrations de neige poudreuse liées souvent à l’absence d’écran de sous-toiture constitue une des principales causes techniques de désordres.
Parmi ces désordres induits directement par l’humidité ou la condensation, les plus graves sont les dégradations infligées aux bois de charpente et, surtout, aux matériaux isolants qui perdent rapidement leur performance thermique.

fuites thermiques dans l'habitat2. La performance énergétique
Outre son caractère préventif, l’écran de sous-toiture joue également un rôle actif pour assurer l’étanchéité à l’air et éviter ainsi jusqu’à 30 % des fuites et 20% des déperditions de chaleur.
Différentes études ont montré que ce défaut d’isolation implique des coûts de chauffage majorés de 10 à 25 %. Sachant que ce poste représente plus de 70 % des dépenses énergétiques dans l’habitat résidentiel, le concours de l’écran de sous-toiture à la performance énergétique constitue une charge modique au regard des économies d’énergie attendues.

3. L’abaissement des pentes de toiture
La réglementation de mise en œuvre des couvertures dans les sites exposés aux risques neige et vent peut être mise avantageusement à profit.
L’ajout d’un écran de sous-toiture autorise la création des toits à plus faible pente. L’abaissement de la pente :
• permet d’harmoniser la toiture avec le style local ;
• induit un gain considérable de surface – au moins 7 % – et donc une baisse du coût de la toiture.

4. La réduction du taux de fixations en plain carré
Le NF DTU 40.21 impose des règles strictes quant à la fixation des tuiles nécessaire, dans certains cas,
• soit pour éviter le glissement des tuiles,
• soit pour s’opposer à leur soulèvement sous l’effet du vent.
La fixation minimale des tuiles, en partie courante, diffère considérablement selon l’exposition de la toiture au vent dans les différentes régions mais aussi en fonction de la présence ou non d’un écran de sous-toiture.
Or, quel que soit la région ou le type d’exposition au risque vent, le taux de fixation exigé par le NF DTU 40.21 est moindre pour une couverture équipée d’un écran de sous-toiture.
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Une protection du bâti durant le chantier : Conformément aux documents de certification et aux recommandations du SNEST, les écrans souples de sous-toiture contribuent à la mise hors d’eau provisoire des bâtiments (hors conditions climatiques exceptionnelles).
Ils ne constituent pas cependant un bâchage durable et ne peuvent donc pas rester non couverts au-delà de 8 jours.